La grande lessive de photo-problèmes, une école transformée en terrain de jeu mathématique

Le temps d’une séance, l’école devient un véritable espace d’exploration. Des photo-problèmes sont affichés un peu partout : dans la cour, les couloirs, la cantine ou encore certaines classes. Chacune représente une situation du quotidien qui cache un problème mathématique. (Certains problèmes seront créés par les élèves, d’autres par l’enseignant).

Répartis en petits groupes, les élèves circulent librement pour retrouver ces images. À chaque découverte, ils doivent comprendre la situation, identifier les informations utiles et proposer une réponse à la question présente sur leur feuille.

Pour dynamiser l’activité, chaque problème résolu rapporte des points. Les élèves se prennent rapidement au jeu et s’impliquent pleinement, avec l’envie d’aller au bout du plus grand nombre de défis possibles.

Un projet mené par Hugo Challéat

Passer de chercheur à créateur

Cependant, ce projet ne s’arrête pas à la résolution de problèmes. Les élèves sont également invités à en créer eux-mêmes, ce qui change profondément leur posture.

Après avoir installé dans la classe un rituel de résolution de photo-problèmes et avoir compris ce que cela était, c’est aux élèves de créer. En classe, et particulièrement en maternelle où l’environnement est très riche en matériel, ils apprennent à repérer des situations intéressantes, à les photographier, puis à imaginer une question mathématique à partir de celles-ci. Ce travail se poursuit à la maison, en lien avec leur quotidien.

Ainsi, les élèves apprennent à identifier une situation problème avec une recherche associée.

Comprendre ce qu’est vraiment un problème

Le fait de créer des photo-problèmes amène les élèves à se poser des questions essentielles : de quelles informations a-t-on besoin ? Faut-il tout dire dans l’énoncé ? Que doit-on laisser à la réflexion de celui qui résout ?

Ils prennent ainsi conscience des différentes étapes du raisonnement et développent des compétences importantes : organiser des données, faire des choix, expliquer une démarche.

Une dynamique de groupe stimulante

Le travail en petits groupes lors de l’activité finale joue un rôle central. Les élèves échangent, confrontent leurs idées, argumentent… et doivent parfois revoir leur point de vue. Cette coopération favorise l’implication de tous et crée une vraie dynamique de classe.

Le côté ludique contribue aussi à installer une ambiance positive, où l’erreur a sa place et devient un levier pour apprendre.

Des maths partout autour de nous

Ce projet permet aux élèves de changer leur regard : les mathématiques ne sont plus seulement dans les cahiers, elles sont partout. Dans une file d’attente, dans la disposition des objets, dans les déplacements… chaque situation peut devenir un point de départ.

En ce sens, la « grande lessive de photo-problèmes » dépasse largement le cadre de la classe. Elle aide les élèves à faire le lien entre les apprentissages scolaires et leur vie quotidienne.

Pour beaucoup, cette activité permet aussi de démystifier les mathématiques et de les rendre plus concrètes et accessibles.

En conclusion…

La grande lessive de photo-problèmes propose une autre façon de faire des mathématiques : plus active, plus concrète et plus collaborative. Les élèves y deviennent à la fois chercheurs et créateurs, ce qui renforce leur compréhension et leur engagement.

De plus, toutes les compétences mathématiques sont travaillées à un moment donné lors de ce projet : comprendre, estimer, manipuler, chercher, communiquer, modéliser, raisonner, représenter, calculer et répondre.

Transversalement, on travaillera aussi la formulation de questions ayant une syntaxe correcte, point complexe pour certains élèves. Mais également, l’importance de la communication écrite prendra tout son sens.

Facile à adapter selon les niveaux, ce projet permet de donner du sens aux apprentissages et installer, dès le plus jeune âge, un rapport plus positif aux mathématiques.

Exemples de productions

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